상세 보기
메테를랭크의 일상의 비극 : "내부Intérieur"
초록
Intérieur (1894) est la pièce la plus représentative du ‘tragique quotidien’ tel que le conçoit Maeterlinck. L’événement déclencheur ayant eu lieu avant même le début de la représentation, la pièce s’inscrit non dans l’évolution de la fable mais dans la situation, une famille, dans l’ignorance de la mort d’une des filles de la maison, passe la veillée paisiblement, alors que le Vieillard attend le meilleur moment pour lui annoncer le drame. Au lieu d’utiliser des effets spectaculaires, Maeterlinck dépouille la pièce à l’extrême : il propose un tableau muet de la famille où chacun, enfoncé dans son fauteuil, communique avec les autres par le regard ou le sourire : peu de mouvements sinon une lenteur ‘spiritualisée.’ L’originalité réside aussi dans le jeu dialectique de l’écriture : le dedans (la chambre) s’oppose au dehors (le jardin, le village), ainsi que l’immobilité au mouvement. Le symbolisme de cette composition possède une double valeur : le cortège funèbre représente la menace du destin ou de l’indéfinissable qui pèse sur l’homme impuissant, mais aussi la correspondance entre les deux mondes du visible et de l’invisible, de la vie et de la mort. Ce type de correspondance est suggéré par le ‘dialogue inutile’ de l’auteur, le Vieillard disant : “le monde ne finit pas aux portes des maisons…” ou encore : “on ne sait pas jusqu’où l’âme s’étend autour des hommes.” L’image finale est également une belle illustration de cette idée : l’enfant dort paisiblement dans le fauteuil, alors qu’on aperçoit à travers la porte ouverte le brancard où la noyée est étendue. Maeterlinck disait : “il ne s’agit plus d’un moment exceptionnel et violent de l’existence, mais de l’existence elle-même.” Le tragique ne repose plus sur des problèmes de mœurs ou de psychologie mais sur la condition humaine elle-même : nous sommes tous condamnés à mort. “Des choses les plus graves, de l’amour, de la mort ou de la destinée”, pour reprendre l’expression de Maeterlinck, nous échappent. Cependant le tragique existentiel n’est pas purement négatif : le plus tragique selon Maeterlinck, est de ne pas prendre conscience de la dimension enfouie de l’existence. Le dramaturge essaye d’aller à la limite de l’art du théâtre - à cet égard, il est proche d’Artaud: il s’agit de “faire voir l’existence d’une âme en elle-même, au milieu d’une immensité qui n’est jamais inactive.” Comment peut-on sonder cette part de l’inconnu qui existe en nous et que nous ne connaissons pas? Dans Intérieur, Maeterlinck en propose la possibilité de façon saisissante, à travers ‘l’auguste vie quotidienne' d’une famille où le silence et la lenteur sont sollicités pour entrer en communication avec l’invisible, l’indéfinissable et, par là, avec l’univers qui nous entoure. Par l’étrangeté du quotidien, par le dépassement des situations sociales et psychologiques contingentes, Maeterlinck fait pénétrer l’homme dans ce qu’il a de mystérieux et d’insaisissable.
키워드
- 제목
- 메테를랭크의 일상의 비극 : "내부Intérieur"
- 제목 (타언어)
- Intérieur : la tragédie du quotidien selon Maeterlinck
- 저자
- 권현정
- 발행일
- 2010-05
- 저널명
- 한국프랑스학논집
- 권
- 70
- 페이지
- 99 ~ 120